Réponse courte
La méthode temps et matériaux calcule d’abord un prix plancher économique : matériaux consommés, sous-traitance, encadrement, temps de production valorisé et quote-part raisonnable des frais. Ce total ne détermine pas à lui seul le prix public, car celui-ci doit aussi rester cohérent avec la série, le parcours et le canal. Il révèle surtout les œuvres vendues à perte et les techniques dont le coût exige une règle distincte.
Cette page vous concerne si…
- Vous connaissez le prix des fournitures mais pas le temps total.
- Deux œuvres de même format ont des coûts de production très différents.
- Une commission rend votre net inférieur aux dépenses engagées.
La méthode, étape par étape
Créer une fiche de coût
Listez support, matière, consommables, encadrement, impression, sous-traitance, transport de production et pertes prévisibles. Conservez les justificatifs.
Mesurer le temps complet
Incluez préparation, fabrication, séchage surveillé, finitions, documentation et conditionnement, sans gonfler artificiellement les heures d’attente passive.
Choisir un taux interne
Définissez un repère horaire de gestion et non une vérité artistique. Il sert à comparer les projets et à détecter les commandes économiquement impossibles.
Ajouter les frais indirects
Répartissez atelier, équipement, assurance ou logiciels avec une règle simple et stable. Une estimation modeste mais constante vaut mieux qu’un pourcentage improvisé.
Comparer avec la grille publique
Si le plancher dépasse la gamme habituelle, modifiez le procédé, créez une catégorie distincte ou refusez la production. Ne cachez pas durablement l’écart.
Exemple concret
Comment l’appliquer
Une œuvre nécessite 180 € de matériaux, 12 heures valorisées 30 €, 60 € de sous-traitance et 90 € de frais indirects : le plancher atteint 690 €. Avec une commission de 40 %, un prix public de 900 € laisserait seulement 540 € à l’artiste. Il faut donc revoir le prix, le canal ou la production au lieu de considérer 900 € comme rentable.
Erreurs fréquentes à éviter
- Compter uniquement la toile et la peinture.
- Confondre prix plancher et prix public final.
- Changer le taux interne pour justifier un prix déjà décidé.
- Oublier la commission et les coûts de remise.
Checklist avant de décider
- Tous les coûts directs sont justifiés.
- Le temps complet est mesuré sur plusieurs œuvres.
- La règle de frais indirects est stable.
- Le net après commission reste comparé au plancher.
- Les catégories exceptionnellement coûteuses sont identifiées.
Questions utiles
Doit-on facturer chaque heure au client ?
Non. Le taux est d’abord un outil interne. Le prix public d’une œuvre autonome peut rester global tout en s’appuyant sur ce contrôle économique.
Comment valoriser le temps de recherche ?
Intégrez-le raisonnablement dans la gamme ou les frais de développement. Évitez de l’affecter intégralement à une seule œuvre si plusieurs pièces bénéficient de la même recherche.
Sources et vérification
Sources consultées le 17/08/2026. Les liens pointent directement vers les organismes ou textes utilisés.
Artiste.org — Méthode de fixation des prixConstruction d’un prix cohérent à partir de plusieurs repères explicitesArtiste.org — Commission de galerieEffet d’une commission sur le prix public et le montant revenant à l’artiste